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Coacher la génération Z… et maintenant Alpha : 7 tabous que j’ai dû changer pour protéger la culture de mon équipe

Pendant longtemps, comme beaucoup de coachs, j’ai cru qu’un bon cadre, une vision claire et des standards élevés suffisaient à faire avancer un groupe.

Et je le crois encore… mais plus de la même façon.

Avec les années, j’ai réalisé quelque chose d’important : ce n’est pas seulement le sport qui change. Les athlètes changent aussi. Leur environnement change. Leur rapport à l’autorité, à la communication, au stress, à l’identité, au temps et à la performance change. Et si moi, comme coach, je continue à intervenir exactement comme on intervenait avec les générations précédentes, je risque de manquer quelque chose d’essentiel.

Ce n’est pas que les jeunes d’aujourd’hui sont “moins bons”, “moins engagés” ou “moins capables”. C’est plutôt qu’ils grandissent dans un monde différent. Un monde plus rapide, plus numérique, plus exposé, plus exigeant aussi, sur les plans mental, social et émotionnel.

Quand j’observe la génération Z que j’encadre aujourd’hui — et que je pense à la génération Alpha qui s’en vient progressivement dans nos programmes — je ne me dis pas qu’il faut baisser nos standards. Je me dis qu’il faut mieux comprendre comment bâtir une culture d’excellence qui parle réellement aux athlètes d’aujourd’hui.

Et pour moi, c’est là que le vrai leadership commence.

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1. J’ai appris qu’on ne coache pas une génération comme une étiquette

La première chose que j’essaie de garder en tête, c’est qu’une génération n’est pas une caricature.

Tous les jeunes ne se ressemblent pas. Tous les athlètes de la génération Z ne pensent pas pareil. Tous les jeunes de la génération Alpha ne réagiront pas de la même manière. Il y a leur histoire, leur famille, leur culture, leur niveau de maturité, leur environnement scolaire, leur niveau de performance, leur confiance, leurs blessures invisibles aussi.

Mais en même temps, je pense qu’on ferait une erreur si on refusait de voir que le contexte générationnel influence la façon dont les jeunes vivent le sport.

Ce que j’ai appris dans mes réflexions sur le leadership, c’est que le contexte compte. Toujours. Si je veux comprendre un comportement, je dois regarder plus large que le simple geste devant moi. Est-ce que je suis face à un manque d’effort ? À un manque de clarté ? À une surcharge ? À un besoin d’être rassuré ? À une façon différente de traiter l’information ?

Quand j’oublie ça, je juge trop vite. Quand je m’en souviens, je coache mieux.

2. J’ai vu que leur rapport à l’autorité n’est plus le même

Je viens d’une culture de coaching où, souvent, l’autorité allait de soi. Le coach parlait. L’athlète exécutait. On pouvait expliquer, bien sûr, mais ce n’était pas toujours nécessaire pour obtenir l’adhésion immédiate.

Aujourd’hui, je sens que ce réflexe-là fonctionne moins.

Pas parce que les jeunes refusent le cadre. Pas parce qu’ils manquent de respect. Mais parce qu’ils ont besoin de comprendre davantage. Ils veulent savoir pourquoi on fait quelque chose. Pourquoi cette règle existe. Pourquoi ce rôle leur est confié. Pourquoi cette exigence est non négociable.

Et honnêtement, je pense que ce n’est pas une mauvaise chose.

Ça m’oblige, moi, à être plus cohérent. Plus clair. Plus aligné. Si je demande de la discipline, est-ce que j’explique son sens ? Si je parle de responsabilité, est-ce que je l’incarne moi-même ? Si je veux que mes athlètes adhèrent à une culture, est-ce que cette culture est seulement écrite quelque part… ou réellement vécue au quotidien ?

J’ai compris qu’aujourd’hui, l’autorité tient moins sur la position et davantage sur la crédibilité relationnelle.

3. J’ai compris qu’ils ont besoin de plus de feedback… mais mieux donné

Une autre différence que j’observe souvent, c’est le rapport à la rétroaction.

Les jeunes d’aujourd’hui vivent dans un monde de réponses rapides, de données, de comparaisons constantes, de notifications, de contenu instantané. Ils reçoivent du feedback partout. Alors, quand ils arrivent dans un environnement de performance, ils ont souvent besoin de savoir où ils en sont.

Mais il y a une nuance importante : ils ne veulent pas seulement être évalués. Ils veulent être aidés à progresser.

Je remarque que plusieurs athlètes tolèrent mal le flou. Si la rétroaction est vague, incohérente ou livrée d’une façon qui humilie, ils décrochent intérieurement beaucoup plus vite qu’on le pense. Pas toujours de façon visible. Pas toujours en répondant. Mais quelque chose se ferme.

Avec le temps, j’ai appris à valoriser des feedbacks plus courts, plus fréquents, plus précis. Dire exactement ce qui est bien. Exactement ce qui doit changer. Exactement ce qu’on veut revoir à la prochaine répétition.

Je continue à croire à l’exigence. Mais je crois de moins en moins à la dureté inutile. Une rétroaction qui blesse l’ego du coach peut parfois flatter l’impression d’autorité. Une rétroaction utile, elle, fait réellement grandir l’athlète.

4. J’ai dû revoir ma façon d’enseigner parce que leur attention n’est plus la même

Je pense que beaucoup de coachs vivent ça sans toujours le nommer : il est devenu plus difficile de garder l’attention d’un groupe simplement en parlant longtemps.

Pendant un moment, j’ai pu être tenté, comme plusieurs, d’interpréter ça comme un manque d’écoute ou un manque de discipline. Mais plus j’y réfléchis, plus je crois que ce serait une lecture trop simple.

Les jeunes d’aujourd’hui vivent dans une surcharge permanente de stimuli. Leur attention est plus sollicitée, plus fragmentée, plus souvent coupée. Alors si moi, comme coach, je veux réellement les engager, je dois concevoir mes séances différemment.

Ça veut dire :

  • des consignes plus courtes;
  • des objectifs plus visibles;
  • plus d’apprentissage actif;
  • plus de décisions à prendre;
  • plus de rythme;
  • plus de debriefs utiles.

Je le vois clairement : quand les athlètes sont activement engagés, ils embarquent. Quand ils sont passifs trop longtemps, je les perds.

Et quand on perd mentalement un groupe, même pour quelques minutes à la fois, on finit par perdre quelque chose de plus profond : la qualité de présence. Or, la culture se construit dans cette qualité de présence partagée.

5. Je ne peux plus parler de performance sans parler de bien-être et de santé mentale

C’est probablement l’un des plus grands changements que j’ai intégrés dans ma vision du coaching.

Avant, beaucoup de choses restaient dans l’ombre. La fatigue. L’anxiété. La surcharge. La peur de décevoir. Les doutes. Les tensions identitaires. Les difficultés relationnelles. Tout cela existait déjà, bien sûr, mais se disait moins.

Aujourd’hui, plusieurs jeunes nomment davantage ce qu’ils vivent. Et je pense que comme coach, j’ai la responsabilité d’être assez mature pour entendre cela sans paniquer, sans mépriser, et sans tomber dans l’excès inverse non plus.

Je ne veux pas coacher dans la mollesse. Mais je ne veux plus non plus coacher comme si casser les gens faisait partie du prix à payer pour performer.

Pour moi, une culture d’excellence ne peut pas être fondée sur la peur, le silence ou l’humiliation. Elle doit pouvoir contenir l’exigence et la sécurité. La performance et l’humain. La responsabilisation et l’écoute.

Sinon, on ne construit pas une culture forte. On construit une culture fragile, où les gens apprennent simplement à se taire.

6. Quand on ignore ces différences, ce n’est pas juste la relation qui souffre : c’est toute la culture

C’est là que ce sujet devient fondamental pour moi.

Quand un coach ne tient pas compte de ces changements, il peut créer sans le vouloir une culture d’incompréhension. Lui pense qu’il demande l’essentiel. L’athlète, lui, vit du flou, du décrochage ou un manque de sens.

Ensuite vient souvent la perception d’iniquité.

Pas forcément parce que le coach veut être injuste. Mais parce que certains athlètes comprennent mieux le cadre, osent plus parler, reçoivent plus d’attention, ou développent une meilleure relation avec le staff. D’autres restent en périphérie. Et dans un groupe, la perception compte presque autant que la réalité.

Puis apparaît une culture de façade. Les athlètes disent oui, mais n’adhèrent pas vraiment. Ils exécutent, mais ne s’approprient pas. Ils évitent l’erreur au lieu d’oser apprendre. Ils se protègent au lieu de contribuer.

Et à long terme, deux dérives deviennent possibles :

  • soit une culture d’apathie, où plus personne n’y croit vraiment;
  • soit une culture toxique, où l’on exige au détriment de l’humain.

Aucune des deux ne m’intéresse.

Ce que je veux construire, c’est une culture de qualité. Une culture claire. Une culture cohérente. Une culture exigeante, mais juste. Une culture où les athlètes peuvent grandir comme performeurs et comme personnes.

7. Ce que j’essaie de changer, concrètement, comme coach

Avec la génération Z, et en pensant déjà à la génération Alpha, j’essaie d’être plus intentionnel sur cinq choses.

D’abord, j’essaie d’expliquer davantage le pourquoi. Pas pour négocier le cadre. Pour le rendre intelligible.

Ensuite, j’essaie de donner des rétroactions plus fréquentes, plus simples, plus spécifiques. Moins de grandes tirades. Plus de précision.

Troisièmement, j’essaie de concevoir des séances qui gardent les athlètes activement engagés. Moins d’attente. Plus de décision. Plus de rythme. Plus de sens.

Quatrièmement, j’essaie de créer un climat où un athlète peut parler, poser une question, reconnaître une difficulté, sans avoir peur d’être diminué. Pour moi, ce n’est pas un luxe. C’est une condition de développement.

Enfin, j’essaie de maintenir des standards élevés, mais dans un cadre où l’athlète sent qu’il y a de la cohérence, de la justice et une vraie intention de l’aider à progresser.

Je ne prétends pas avoir tout réglé.

Mais une chose est devenue claire pour moi : le défi n’est pas de coacher “plus mou” parce que les générations changent. Le défi, c’est de coacher plus juste.

Plus juste dans notre lecture des comportements.

Plus juste dans notre communication.

Plus juste dans notre façon d’exiger.

Plus juste dans la culture qu’on crée chaque jour.

Parce qu’au fond, ce que je cherche, ce n’est pas seulement à faire performer des athlètes.

C’est à bâtir un environnement où ils peuvent s’engager pleinement, se développer durablement et contribuer à quelque chose de plus grand qu’eux.

Et si je veux y arriver avec les athlètes d’aujourd’hui, je dois accepter ceci :

je ne peux pas simplement leur demander d’entrer dans une vieille culture.

Je dois être capable, comme leader, de construire avec eux une culture d’excellence qui parle à leur réalité… sans jamais renoncer à mes valeurs.

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